PHILIP LE ROY

La nouvelle révélation du thriller Français

CESAR 2018


Regarder la cérémonie des César offre un intérêt. Non pas celui de voir un show dont le  niveau avoisine celui d’une émission de variété bas de gamme diffusée un samedi soir, quoique la robe de Marion Cotillard était à se tordre de rire. Ni celui de mesurer le pouls du cinéma français, car il semblerait que les membres de l’Académie n’aient vu que cinq films dans l’année. Ni même celui d’évaluer l’excellence d’une œuvre ou d’un artiste, car on sait bien que le lobbying dans ce domaine est roi.
En vérité, les César nous informent sur les causes diverses soutenues par le ministère de la culture et les collectivités locales ainsi que sur le goût du grand public. On nous a montré la vitrine d’un cinéma subventionné et militant d’un côté, un cinéma populaire de l’autre. Les César vont cette année à Act Up et à Danny Boon. On valorise le sociétal (l’époque SIDA ou la dure vie à la ferme) et le rire familial qui cartonne au box-office ( César du public !). On porte aussi un ruban blanc à la boutonnière du smoking ou du décolleté pour afficher que l’on est contre les violences faites aux femmes (Ah bon, il y en a qui sont pour ?) et on réclame des quotas pour qu’il y ait autant de femmes que d’hommes cinéastes. Tout cela augure des quotas pour les LGBT, les handicapés, les roux, les Français issus de l’immigration, des récompenses pour des films sur le cancer ou la tabagie, des César pour les films les plus rentables ou les plus respectueux de l’environnement ! Bref, de quoi faire fuir à l’étranger ou changer de métier  nos meilleurs cinéastes !
Albert Dupontel, artiste trublion distingué malgré lui par l’establishment un peu forcé étant donné que son film était adapté d’un prix Goncourt, a eu la réaction idoine en ne cautionnant pas de sa présence cette cérémonie relou.  Mais à part lui et quelques rares autres,  le cinéma qu’on nous a vendu hier soir ne m’intéresse pas. Il ne fait pas rêver, ni frissonner, se fait sans stars, ni monstres, sans histoires extraordinaires, ni images monumentales.